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Vous l’avez sans doute déjà remarqué, Omégaphone n’est pas un très grand fan de Beady Eye. Le « nouveau Oasis » a beau avoir une certaine classe et un style bien ancré dans ce qu’ils savent faire depuis un bail déjà, leur premier album est plein de failles (une critique de l’album ici).

Pourtant, difficile de rester insensible à la voix du jeune Gallagher. C’est quand même un chant qui nous a fait vibrer plus d’une fois. Alors, quand j’ai su qu’ils passaient au Bikini, petite salle plutôt conviviale près de Toulouse, j’ai sauté sur l’occasion. Voyons ce que les Beady Eye ont dans le ventre. Voyons un peu si leur prestation sauve leur musique studio.

SETLIST

• Four Letter Word
• Beatles and Stones
• Millionaire
• For Anyone
• The Roller
• Wind Up Dream
• Bring the Light
• Standing on the Edge of the Noise
• Kill For A Dream
• Three Ring Circus
• The Beat Goes On
• Man of Misery
• The Morning Son
Rappel :
• Sons of the Stage

Le groupe arrive sur scène avec une flegme qui n’a rien de bien surprenant venant de Liam. Quelques pas, on se place devant le micro, devant la batterie, on attrape la guitare, la basse. Leur look semble totalement tiré par les cheveux, Liam semble s’être habillé chez un marin breton avec son imper qui n’a rien à foutre là, mais bon, c’est bien leur style, non? On reconnait ces gamins qu’ont pas voulu grandir, ces « fucking rock star » qui adoptent un style insoupçonnable avec une grande classe – tandis que moi, par exemple, si j’enfile son imper, j’ai juste l’air de crétin.

Et voilà, ça commence. Les premières notes de Four Letter Word hurlent à nos oreilles, la foule hurle, comme de coutume. Mais quelque chose ne va pas. Oh, le son est parfait, pas de problème: Liam balance toujours sa voix très rock avec une flegme épatante, comme si être ici ou ailleurs lui était strictement égal. En fait, il est peut-être pas totalement ici. Ou carrément ailleurs.

Car on se rend vite compte que le balancement du bassiste est de plus en plus surnaturel, que leurs yeux rouges et leurs pupilles dilatés fixent toutes vaguement quelque chose de sûrement très vague, que leur équilibre n’est plus qu’une notion approximative. En fait, ça tient du miracle s’ils arrivent à tenir leurs instruments en main. Passé le premier fou rire, on réalise qu’on a payé 30€ pour venir voir des mecs totalement déchirés sur scène. ça refroidi.

Bon, mais l’état des musiciens ne fait pas tout; on a déjà vu des mecs totalement bourrés nous pondre un concert du feu de dieu. C’est ce qu’on appelle le Sex, Drugs and Rock’n’Roll, et cet état post-apocalyptique qu’ils affichent ne serait pas si dérangeant si leur prestation scénique tenait la route.
Mais non.
Les Beady Eye se contentent de nous jouer les treize pistes de leur album Different Gear, Still Speeding, sans rien de plus. Si j’étais économiste, je dirais que je n’ai pas vu où était la valeur ajoutée. Autant écouter l’album en random! Liam ne joue pas avec son public, il se contente de rester planté devant son micro et chanter ses airs. Quand il ne chante pas, il recule de deux pas en remuant un peu la tête, lèvres pincés, et puis revient vers le micro. Gros moment émotion lorsqu’un bout de papier plié en quatre atterris à ses pieds, lancés par un fan. Instant de stupeur! Quelque chose est venu troubler l’ordre naturel des choses. Liam et ses trois acolytes vont-ils enfin sortir de leur torpeur?
Liam se baisse.
Liam ramasse le mot au sol.
Liam lis le mot.
Liam fourre le mot dans sa poche.
Liam reprend son concert.
Et c’est tout. Le concert se déroule comme l’album: sans surprises. Sans anicroches. Sans moments incroyablement beau, sans moment incroyablement naze non plus, mais c’est tout. Venant du grand Liam Gallagher, ce type grande gueule qui l’ouvre dès qu’il en a l’occasion pour affirmer qu’il est une fuckin’ rock star, c’est faible. On s’attendait à quelque chose de lourd, de fort, de puissant, on est rentrés un peu frustrés, avec le sentiment de s’être fait volé. Ce concert, c’était un peu la déchéance d’Oasis et des frères Gallagher en image et en musique. Mention spéciale tout de même au bassiste qui m’a bien fait rire pendant tout le concert. Personnellement, je n’aurai jamais pu assurer un live dans cet état là.

Conclusion: autant acheter l’album. ça vous coutera moins cher. Mais si jamais vous tenez absolument à aller voire les Beady Eye de vos propres yeux, ne vous attendez pas à des miracles, sans quoi vous risquez d’être vite déçus…

Bonjour bonjour, bienvenu pour cette première critique où nous allons nous attacher à démonter pièce par pièce l’album de Beady Eye, nommé Different Gear, Still Speeding. Parce que, oui, ‘y a pas que du bon là-dedans.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Beady Eye, c’est simplement le nouveau Oasis, c’est à dire Oasis sans Noël Gallagher.

écouter l’album sur spotifydeezergrooveshark.

Ceux qui suivent l’actualité musicale ont sans doute (trop) entendu parler de la dispute quasi fratricide qui oppose les frères Gallagher. D’un côté, Liam d’une arrogance enfantine, mégalomane et incapable de mettre deux mots dans une phrase sans caler un “fuckin’ ” entre les deux. De l’autre, le grand frère, plus calme, moins tête brûlée. Résultat: les ruines d’Oasis ressemblent à un grand magasine people rempli de disputes, d’espoirs (on ne compte plus les “il n’est pas à exclure qu’ Oasis se reforme le temps d’une tournée” et autres rumeurs pour faire parler d’eux), d’insultes, de “je suis le plus fort”. Bref, tout est fait pour que l’on n’oublie pas les deux frères déchus.

Lorsque Liam annonce fièrement la sortie prochaine de Different Gear, Still Speeding, l’accueil est mitigé: d’une part un espoir de retrouver les musiques qui nous ont fait rêver durant des années, d’autre part l’inquiétude, la question “mais qu’est-ce qu’est Oasis sans Noël ?”. Il est vrai que les premiers albums des rockers anglais, considérés comme les meilleurs, ont entièrement été écrits par le grand frère. Les derniers, qui ont connu de lourdes critiques négatives, s’étaient “démocratisés”, c’est à dire que tous les membres y avaient apporté leur patte artistique. D’où l’inquiétude de certains fans.

Mais, se disait-on, après tout, Liam, c’est Liam, c’est cette voix si particulière qui scande “I need to be myself ! I can’t be no one else ! I’m feeling supersonic !”, et on se rassurait en repensant aux heures de gloire d’Oasis et à ces soirées alcoolisées, la clope au coin des lèvres et le poing en l’air, les yeux vers les étoiles et l’esprit obnubilé par un bon vieux Morning Glory; on s’imaginait déjà sur scène aux côtés des frères Gallagher.

Oasis en concert.

C’est en 2011 que sort l’album Different Gear, Still Speeding. Je l’avoue, à l’ouverture, j’étais plutôt emballé: on commence assez fort avec Four Letter Word, dans une ambiance bien rock qui rappelle tout de suite l’ancien Oasis. Mais on ne juge pas un album entier sur son ouverture, et la suite est décevante, il faut bien l’avouer.

On passe d’un Millionaire fade à The Roller, titre bien plus sympathique mais qui ne veut absolument rien dire. Non, sérieusement, qui a compris de quoi parlait Liam dans cette chanson ? Le pire est sans doute que l’artiste ne le sait pas lui même. Il déclare en effet au magazine anglais Mojo une phrase qui expliquerait bien des choses: “Je ne sais pas de quoi parlent mes chansons, elles sont juste là. […] Je ne suis pas fort avec les mots. J’écris simplement les premières choses qui me passent par la tête”.

On comprend mieux.

On comprend mieux les paroles sans queue ni tête de The Roller, la faiblesse de Bring The Light, et j’en passe. Bon, mais après tout, si les paroles sont faibles, ce n’est pas franchement une nouveauté: on en connaît des tas, des artistes qui chantent un peu n’importe quoi, et pourtant ça marche, ça sonne bien. Qu’en est-il des Beady Eye?

Indiscutablement, la voix de Liam et ses attaques très rock sur des morceaux comme Four Letter Word, The Roller, ou Three Ring Circus font leur effet. On se surprend à hocher vigoureusement la tête et à murmurer “In this threeeeee riiiiing circuuus, going rouuuuund“.  Certains morceaux comme The Beat Goes On, plus calmes, pourraient presque nous amener à apprécier pleinement cet album.

Clip de The Roller, morceau phare de l’album.

Mais non, quelque chose ne va pas.

On a beau aimer quelques passages, apprécier le grand retour de cette voix unique qui nous faisait vibrer, fermer les yeux en espérant ressentir encore ce sentiment de “je suis le roi du monde” qui venait instantanément à l’écoute d’Oasis, le charme n’opère qu’à moitié.

En réécoutant plusieurs fois l’album, on voit bien ce qui cloche. La composition elle même des morceaux est faible. On a l’impression que c’est trop “carré”, trop prévisible. Un riff, un refrain, un petit solo à un moment, un choeur en fond pour faire un peu élaboré, et c’est tout. Aucune surprise, aucune originalité. L’album manque cruellement de ces airs qu’on écouterait avec des yeux ronds, s’empressant de lancer un “Hey, c’est bon ça!”. On a l’impression d’entendre un Oasis décalé, de mauvaise qualité.

D’un autre côté, cet aspect simpliste, sans prise de tête, fait aussi la force de l’album. Le véritable problème vient de la longueur. Different Gear, Still Speeding se compose de 13 titres… dont au moins deux, si ce n’est trois, de trop. Sans compter que certains morceaux font  plus de six minutes. Oh, je n’ai rien contre les morceaux qui dépassent les trois minutes. Les Cyd Jolly Roger (groupe originaire de Béziers, et en écoute libre ici) par exemple nous balancent de sublimes mélodies de quinze minutes sur leur titre Crepuscular Psychomotorius Nightmare. Mais avec Beady Eye, ça ne passe pas. Très vite, on s’ennuie.

Le trop long Wigwam, une soupe aux allures de Champagne Supernova nous donne l’impression d’une longue fin d’album, mais non, on enchaîne encore avec trois nouveaux morceaux, dont un de presque cinq minutes The Beat Goes On, qu’on écoute avec plaisir… jusqu’à la fin du premier refrain,  un autre de six minutes (The Morning Son, qui paraît presque interminable après plus de 45 minutes d’écoute).

En deux mots : trop long, pour un son trop attendu, sans la moindre originalité. C’est un premier album trop hésitant, qui peine à se défaire de la gloire déchue d’Oasis.

Je vous conseille quand même d’y jeter une oreille ! D’abord, parce que votre avis m’intéresse. Vous pouvez réagir à cet article par un commentaire. Mais aussi parce que, quoi qu’on en dise, les frères Gallagher auront marqué la musique des années 90-2000. Si ce premier album des Beady Eye est une déception, gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un premier pas. Espérons que Liam saura entraîner son nouveau groupe vers un univers artistique propre, plus original, en prenant peut être davantage de risques.

Cet article a initialement été rédigé pour le Médiathèque André Malraux et son site musical MAMusique. Allez y jeter un oeil!

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