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Archives de Tag: 13/03/2011

Vous l’avez sans doute déjà remarqué, Omégaphone n’est pas un très grand fan de Beady Eye. Le « nouveau Oasis » a beau avoir une certaine classe et un style bien ancré dans ce qu’ils savent faire depuis un bail déjà, leur premier album est plein de failles (une critique de l’album ici).

Pourtant, difficile de rester insensible à la voix du jeune Gallagher. C’est quand même un chant qui nous a fait vibrer plus d’une fois. Alors, quand j’ai su qu’ils passaient au Bikini, petite salle plutôt conviviale près de Toulouse, j’ai sauté sur l’occasion. Voyons ce que les Beady Eye ont dans le ventre. Voyons un peu si leur prestation sauve leur musique studio.

SETLIST

• Four Letter Word
• Beatles and Stones
• Millionaire
• For Anyone
• The Roller
• Wind Up Dream
• Bring the Light
• Standing on the Edge of the Noise
• Kill For A Dream
• Three Ring Circus
• The Beat Goes On
• Man of Misery
• The Morning Son
Rappel :
• Sons of the Stage

Le groupe arrive sur scène avec une flegme qui n’a rien de bien surprenant venant de Liam. Quelques pas, on se place devant le micro, devant la batterie, on attrape la guitare, la basse. Leur look semble totalement tiré par les cheveux, Liam semble s’être habillé chez un marin breton avec son imper qui n’a rien à foutre là, mais bon, c’est bien leur style, non? On reconnait ces gamins qu’ont pas voulu grandir, ces « fucking rock star » qui adoptent un style insoupçonnable avec une grande classe – tandis que moi, par exemple, si j’enfile son imper, j’ai juste l’air de crétin.

Et voilà, ça commence. Les premières notes de Four Letter Word hurlent à nos oreilles, la foule hurle, comme de coutume. Mais quelque chose ne va pas. Oh, le son est parfait, pas de problème: Liam balance toujours sa voix très rock avec une flegme épatante, comme si être ici ou ailleurs lui était strictement égal. En fait, il est peut-être pas totalement ici. Ou carrément ailleurs.

Car on se rend vite compte que le balancement du bassiste est de plus en plus surnaturel, que leurs yeux rouges et leurs pupilles dilatés fixent toutes vaguement quelque chose de sûrement très vague, que leur équilibre n’est plus qu’une notion approximative. En fait, ça tient du miracle s’ils arrivent à tenir leurs instruments en main. Passé le premier fou rire, on réalise qu’on a payé 30€ pour venir voir des mecs totalement déchirés sur scène. ça refroidi.

Bon, mais l’état des musiciens ne fait pas tout; on a déjà vu des mecs totalement bourrés nous pondre un concert du feu de dieu. C’est ce qu’on appelle le Sex, Drugs and Rock’n’Roll, et cet état post-apocalyptique qu’ils affichent ne serait pas si dérangeant si leur prestation scénique tenait la route.
Mais non.
Les Beady Eye se contentent de nous jouer les treize pistes de leur album Different Gear, Still Speeding, sans rien de plus. Si j’étais économiste, je dirais que je n’ai pas vu où était la valeur ajoutée. Autant écouter l’album en random! Liam ne joue pas avec son public, il se contente de rester planté devant son micro et chanter ses airs. Quand il ne chante pas, il recule de deux pas en remuant un peu la tête, lèvres pincés, et puis revient vers le micro. Gros moment émotion lorsqu’un bout de papier plié en quatre atterris à ses pieds, lancés par un fan. Instant de stupeur! Quelque chose est venu troubler l’ordre naturel des choses. Liam et ses trois acolytes vont-ils enfin sortir de leur torpeur?
Liam se baisse.
Liam ramasse le mot au sol.
Liam lis le mot.
Liam fourre le mot dans sa poche.
Liam reprend son concert.
Et c’est tout. Le concert se déroule comme l’album: sans surprises. Sans anicroches. Sans moments incroyablement beau, sans moment incroyablement naze non plus, mais c’est tout. Venant du grand Liam Gallagher, ce type grande gueule qui l’ouvre dès qu’il en a l’occasion pour affirmer qu’il est une fuckin’ rock star, c’est faible. On s’attendait à quelque chose de lourd, de fort, de puissant, on est rentrés un peu frustrés, avec le sentiment de s’être fait volé. Ce concert, c’était un peu la déchéance d’Oasis et des frères Gallagher en image et en musique. Mention spéciale tout de même au bassiste qui m’a bien fait rire pendant tout le concert. Personnellement, je n’aurai jamais pu assurer un live dans cet état là.

Conclusion: autant acheter l’album. ça vous coutera moins cher. Mais si jamais vous tenez absolument à aller voire les Beady Eye de vos propres yeux, ne vous attendez pas à des miracles, sans quoi vous risquez d’être vite déçus…

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