Vous l’avez sans doute déjà remarqué, Omégaphone n’est pas un très grand fan de Beady Eye. Le "nouveau Oasis" a beau avoir une certaine classe et un style bien ancré dans ce qu’ils savent faire depuis un bail déjà, leur premier album est plein de failles (une critique de l’album ici).

Pourtant, difficile de rester insensible à la voix du jeune Gallagher. C’est quand même un chant qui nous a fait vibrer plus d’une fois. Alors, quand j’ai su qu’ils passaient au Bikini, petite salle plutôt conviviale près de Toulouse, j’ai sauté sur l’occasion. Voyons ce que les Beady Eye ont dans le ventre. Voyons un peu si leur prestation sauve leur musique studio.

SETLIST

• Four Letter Word
• Beatles and Stones
• Millionaire
• For Anyone
• The Roller
• Wind Up Dream
• Bring the Light
• Standing on the Edge of the Noise
• Kill For A Dream
• Three Ring Circus
• The Beat Goes On
• Man of Misery
• The Morning Son
Rappel :
• Sons of the Stage

Le groupe arrive sur scène avec une flegme qui n’a rien de bien surprenant venant de Liam. Quelques pas, on se place devant le micro, devant la batterie, on attrape la guitare, la basse. Leur look semble totalement tiré par les cheveux, Liam semble s’être habillé chez un marin breton avec son imper qui n’a rien à foutre là, mais bon, c’est bien leur style, non? On reconnait ces gamins qu’ont pas voulu grandir, ces "fucking rock star" qui adoptent un style insoupçonnable avec une grande classe – tandis que moi, par exemple, si j’enfile son imper, j’ai juste l’air de crétin.

Et voilà, ça commence. Les premières notes de Four Letter Word hurlent à nos oreilles, la foule hurle, comme de coutume. Mais quelque chose ne va pas. Oh, le son est parfait, pas de problème: Liam balance toujours sa voix très rock avec une flegme épatante, comme si être ici ou ailleurs lui était strictement égal. En fait, il est peut-être pas totalement ici. Ou carrément ailleurs.

Car on se rend vite compte que le balancement du bassiste est de plus en plus surnaturel, que leurs yeux rouges et leurs pupilles dilatés fixent toutes vaguement quelque chose de sûrement très vague, que leur équilibre n’est plus qu’une notion approximative. En fait, ça tient du miracle s’ils arrivent à tenir leurs instruments en main. Passé le premier fou rire, on réalise qu’on a payé 30€ pour venir voir des mecs totalement déchirés sur scène. ça refroidi.

Bon, mais l’état des musiciens ne fait pas tout; on a déjà vu des mecs totalement bourrés nous pondre un concert du feu de dieu. C’est ce qu’on appelle le Sex, Drugs and Rock’n’Roll, et cet état post-apocalyptique qu’ils affichent ne serait pas si dérangeant si leur prestation scénique tenait la route.
Mais non.
Les Beady Eye se contentent de nous jouer les treize pistes de leur album Different Gear, Still Speeding, sans rien de plus. Si j’étais économiste, je dirais que je n’ai pas vu où était la valeur ajoutée. Autant écouter l’album en random! Liam ne joue pas avec son public, il se contente de rester planté devant son micro et chanter ses airs. Quand il ne chante pas, il recule de deux pas en remuant un peu la tête, lèvres pincés, et puis revient vers le micro. Gros moment émotion lorsqu’un bout de papier plié en quatre atterris à ses pieds, lancés par un fan. Instant de stupeur! Quelque chose est venu troubler l’ordre naturel des choses. Liam et ses trois acolytes vont-ils enfin sortir de leur torpeur?
Liam se baisse.
Liam ramasse le mot au sol.
Liam lis le mot.
Liam fourre le mot dans sa poche.
Liam reprend son concert.
Et c’est tout. Le concert se déroule comme l’album: sans surprises. Sans anicroches. Sans moments incroyablement beau, sans moment incroyablement naze non plus, mais c’est tout. Venant du grand Liam Gallagher, ce type grande gueule qui l’ouvre dès qu’il en a l’occasion pour affirmer qu’il est une fuckin’ rock star, c’est faible. On s’attendait à quelque chose de lourd, de fort, de puissant, on est rentrés un peu frustrés, avec le sentiment de s’être fait volé. Ce concert, c’était un peu la déchéance d’Oasis et des frères Gallagher en image et en musique. Mention spéciale tout de même au bassiste qui m’a bien fait rire pendant tout le concert. Personnellement, je n’aurai jamais pu assurer un live dans cet état là.

Conclusion: autant acheter l’album. ça vous coutera moins cher. Mais si jamais vous tenez absolument à aller voire les Beady Eye de vos propres yeux, ne vous attendez pas à des miracles, sans quoi vous risquez d’être vite déçus…

Fa 7 est un artiste guadeloupéen qui a développé son travail autour de ses sensibilités musicales et originelles, à savoir la chanson française et les racines créoles, avant de s’intéresser vers un son plus folk et reggae. Sa voix suave et rauque, son jeu de guitare tout en nuance et en finesse rythmique, mettent en valeur ses textes empreints d’une poésie réaliste et parfois militante.

Chantant en français dans ses débuts, d’une voix posée et profonde, il a depuise 2011 totalement changé son répertoire plus qu’il nous sert à présent un reggae revisité façon folk tout simplement excellent. Alors que sur son premier album la voix restait très monotone, s’attachant davantage aux paroles et s’apparentant à une sorte de mix entre chanson française, rap/slam et musiques créoles, le Fa 7 d’aujourd’hui est un artiste totalement différent, donnant une grande importance aux mélodies chantées en anglais et accompagnées d’une guitare très douce, très folk. Franchement, c’est un changement radical mais totalement satisfaisant.

Pour bien se rendre compte de ce changement, voici deux morceaux: le premier est issu de son premier album, le second date d’après cette petite révolution musicale.

Allez, je ne résiste pas à la tentation d’en mettre une troisième. Ici, on entend très bien le changement qui s’est opéré au niveau de la voix: elle apparait plus cassée, un peu à la Eels, mais plus dans le style reggae. Force est de reconnaitre que ça en jette.

Vous pouvez écouter toute la musique de cet artiste sur sa page SoundCloud ou sur son site internet.

FANGA est grand groupe d’afrobeat français. On parle d’eux comme des représentants du genre en France, et ils le méritent. Avec des albums très travaillés et des scènes explosives, ils se sont taillés un chemin parmi les grands noms de l’afrobeat.

Des rythmes entraînants sur des percussions des îles, soutenus par des airs répétitifs et ensoleillés à la guitare, on se sent vite plongé dans ces pays du sud, submergé par la force de la vie qui circule dans cette musique.

Allez, un petit exemple en vidéo.

Et comme je suis sympa, voici un extrait de leur album Sira Ba, sorti en 2009 chez Underdog Records.

On reconnaît ces lignes de basse et de guitare répétitives, qui instaurent le rythme, l’ambiance, le petit monde de FANGA. Comme une poésie que l’on se répète pour ne plus l’oublier, les notes entrent et se gravent profondément dans nos têtes.

Vous pouvez visiter leur site web ici et les suivre sur leur page facebook.

Cet article a initialement été écrit pour le site musical MAMusique. Allez y jeter un oeil!

Laissez moi vous présenter les trois sulfureuses montpelliéraines des Candy Apple Red. Vous risquez de ne pas vous en remettre.

Agité par un rythme infernal, soutenu par des guitares distordues en de violents accords de puissance, des solos démentiels et une voix féminine qui s’éraille sur des airs très punk/punk-rock,  le premier album de ce trio secoue fort les méninges. Ça vous rentre par les oreilles, ça vous bouscule le cerveau, et ça repart l’air de rien en laissant un petit air qui va s’ installer pour longtemps.

Les dix morceaux s’alternent entre chant français et anglais, toujours avec une énergie débordante. Une petite pause sur la huitième piste avec Would you miss me?, slow de cinq minutes qui laisse ressortir une guitare énervée de temps à autre, la voix de la jolie Audrey posée comme pour atténuer le tout, soufflant un “Even if I love you so, would you miss me?“, et puis on repart avec Horror Club pour finir sur 8 times, excellent écho de 7 times, quelques pistes plus tôt.

Entre la guitare, la basse et la batterie qui s’acharnent sur les dix morceaux de cet album explosif, la voix d’Audrey berce le tout d’une sensibilité toute féminine.

Et voilà leur titre anglais Sex drug & rock’n’roll:

Vous pouvez les écouter ici et suivre leur actualité sur leur page facebook.

Cet article a initialement été rédigé pour le site musical MAMusique de la Médiathèque André Malraux. Vous le retrouverez dessus, avec une bonne centaine d’autres critiques…allez y jeter un oeil!

Un message relayé de la page Facebook des Rasoirs Électriques:

Plus que quelques jours pour chopper l’album en CD à 6€ ! Après il sera en dépromotion à 10€ ! Bandcamp :  click here
Jardin des fous : click here
You’re fired records : click here
No Routine records : click here
C’est l’occasion d’avoir un bon album de punk français pour pas cher…et de faire une bonne action en soutenant un groupe indépendant. Si vous voulez en savoir plus sur les Rasoirs Électriques, vous pouvez consulter cet article (par exemple, hein, je vous oblige pas, mais bon, moi je serais vous, je ferais ça).

Bonjour bonjour, bienvenu pour cette première critique où nous allons nous attacher à démonter pièce par pièce l’album de Beady Eye, nommé Different Gear, Still Speeding. Parce que, oui, ‘y a pas que du bon là-dedans.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Beady Eye, c’est simplement le nouveau Oasis, c’est à dire Oasis sans Noël Gallagher.

écouter l’album sur spotifydeezergrooveshark.

Ceux qui suivent l’actualité musicale ont sans doute (trop) entendu parler de la dispute quasi fratricide qui oppose les frères Gallagher. D’un côté, Liam d’une arrogance enfantine, mégalomane et incapable de mettre deux mots dans une phrase sans caler un “fuckin’ ” entre les deux. De l’autre, le grand frère, plus calme, moins tête brûlée. Résultat: les ruines d’Oasis ressemblent à un grand magasine people rempli de disputes, d’espoirs (on ne compte plus les “il n’est pas à exclure qu’ Oasis se reforme le temps d’une tournée” et autres rumeurs pour faire parler d’eux), d’insultes, de “je suis le plus fort”. Bref, tout est fait pour que l’on n’oublie pas les deux frères déchus.

Lorsque Liam annonce fièrement la sortie prochaine de Different Gear, Still Speeding, l’accueil est mitigé: d’une part un espoir de retrouver les musiques qui nous ont fait rêver durant des années, d’autre part l’inquiétude, la question “mais qu’est-ce qu’est Oasis sans Noël ?”. Il est vrai que les premiers albums des rockers anglais, considérés comme les meilleurs, ont entièrement été écrits par le grand frère. Les derniers, qui ont connu de lourdes critiques négatives, s’étaient “démocratisés”, c’est à dire que tous les membres y avaient apporté leur patte artistique. D’où l’inquiétude de certains fans.

Mais, se disait-on, après tout, Liam, c’est Liam, c’est cette voix si particulière qui scande “I need to be myself ! I can’t be no one else ! I’m feeling supersonic !”, et on se rassurait en repensant aux heures de gloire d’Oasis et à ces soirées alcoolisées, la clope au coin des lèvres et le poing en l’air, les yeux vers les étoiles et l’esprit obnubilé par un bon vieux Morning Glory; on s’imaginait déjà sur scène aux côtés des frères Gallagher.

Oasis en concert.

C’est en 2011 que sort l’album Different Gear, Still Speeding. Je l’avoue, à l’ouverture, j’étais plutôt emballé: on commence assez fort avec Four Letter Word, dans une ambiance bien rock qui rappelle tout de suite l’ancien Oasis. Mais on ne juge pas un album entier sur son ouverture, et la suite est décevante, il faut bien l’avouer.

On passe d’un Millionaire fade à The Roller, titre bien plus sympathique mais qui ne veut absolument rien dire. Non, sérieusement, qui a compris de quoi parlait Liam dans cette chanson ? Le pire est sans doute que l’artiste ne le sait pas lui même. Il déclare en effet au magazine anglais Mojo une phrase qui expliquerait bien des choses: “Je ne sais pas de quoi parlent mes chansons, elles sont juste là. [...] Je ne suis pas fort avec les mots. J’écris simplement les premières choses qui me passent par la tête”.

On comprend mieux.

On comprend mieux les paroles sans queue ni tête de The Roller, la faiblesse de Bring The Light, et j’en passe. Bon, mais après tout, si les paroles sont faibles, ce n’est pas franchement une nouveauté: on en connaît des tas, des artistes qui chantent un peu n’importe quoi, et pourtant ça marche, ça sonne bien. Qu’en est-il des Beady Eye?

Indiscutablement, la voix de Liam et ses attaques très rock sur des morceaux comme Four Letter Word, The Roller, ou Three Ring Circus font leur effet. On se surprend à hocher vigoureusement la tête et à murmurer “In this threeeeee riiiiing circuuus, going rouuuuund“.  Certains morceaux comme The Beat Goes On, plus calmes, pourraient presque nous amener à apprécier pleinement cet album.

Clip de The Roller, morceau phare de l’album.

Mais non, quelque chose ne va pas.

On a beau aimer quelques passages, apprécier le grand retour de cette voix unique qui nous faisait vibrer, fermer les yeux en espérant ressentir encore ce sentiment de “je suis le roi du monde” qui venait instantanément à l’écoute d’Oasis, le charme n’opère qu’à moitié.

En réécoutant plusieurs fois l’album, on voit bien ce qui cloche. La composition elle même des morceaux est faible. On a l’impression que c’est trop “carré”, trop prévisible. Un riff, un refrain, un petit solo à un moment, un choeur en fond pour faire un peu élaboré, et c’est tout. Aucune surprise, aucune originalité. L’album manque cruellement de ces airs qu’on écouterait avec des yeux ronds, s’empressant de lancer un “Hey, c’est bon ça!”. On a l’impression d’entendre un Oasis décalé, de mauvaise qualité.

D’un autre côté, cet aspect simpliste, sans prise de tête, fait aussi la force de l’album. Le véritable problème vient de la longueur. Different Gear, Still Speeding se compose de 13 titres… dont au moins deux, si ce n’est trois, de trop. Sans compter que certains morceaux font  plus de six minutes. Oh, je n’ai rien contre les morceaux qui dépassent les trois minutes. Les Cyd Jolly Roger (groupe originaire de Béziers, et en écoute libre ici) par exemple nous balancent de sublimes mélodies de quinze minutes sur leur titre Crepuscular Psychomotorius Nightmare. Mais avec Beady Eye, ça ne passe pas. Très vite, on s’ennuie.

Le trop long Wigwam, une soupe aux allures de Champagne Supernova nous donne l’impression d’une longue fin d’album, mais non, on enchaîne encore avec trois nouveaux morceaux, dont un de presque cinq minutes The Beat Goes On, qu’on écoute avec plaisir… jusqu’à la fin du premier refrain,  un autre de six minutes (The Morning Son, qui paraît presque interminable après plus de 45 minutes d’écoute).

En deux mots : trop long, pour un son trop attendu, sans la moindre originalité. C’est un premier album trop hésitant, qui peine à se défaire de la gloire déchue d’Oasis.

Je vous conseille quand même d’y jeter une oreille ! D’abord, parce que votre avis m’intéresse. Vous pouvez réagir à cet article par un commentaire. Mais aussi parce que, quoi qu’on en dise, les frères Gallagher auront marqué la musique des années 90-2000. Si ce premier album des Beady Eye est une déception, gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un premier pas. Espérons que Liam saura entraîner son nouveau groupe vers un univers artistique propre, plus original, en prenant peut être davantage de risques.

Cet article a initialement été rédigé pour le Médiathèque André Malraux et son site musical MAMusique. Allez y jeter un oeil!

[Setlist du concert ici][Playlist du concert sous spotify ici].

J’ai pensé qu’il serait peut être sympa de partager mes expériences de concert. Intéressant, parce que ça fait toujours râler ceux qui n’ont pas pu aller voir leur groupe favori, mais surtout pour donner un avis de la prestation des groupes. En espérant vous donner envie d’aller en voir ou non…

Quoi qu’il en soit, si votre avis du concert est différent du mien, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires!

On commence donc avec le concert de Coldplay du 22/05/2012, vu à Nice au stade de Charles Herman, avec comme premières parties Rita Ora et Marina and the Diamond. Notons qu’à l’occasion de cette tournée, le staff prêtait au public des bracelets à mettre autour d’un poignet durant le concert, précisant qu’ils faisaient parti du spectacle. Nous y reviendront.

Concert dans un stade oblige, la scène était pour le moins impressionnante, le nombre de spectateurs également, et les privilégiés à avoir payé pour les tribunes assises ou les "pelouse or" (juste devant la scène) auront certainement pu apprécier le spectacle à sa juste mesure. Pour les autres, et bien j’espère qu’il n’y avait pas trop de personnes de petite taille tout au fond…mais après tout, ce risque fait parti des concerts, non? On ne prendrait pas autant de plaisir à voir surgir la tête du chanteur si notre champ de vision n’était pas sans cesse obstrué par un bras, un buste, une masse de cheveux collés de sueur qu’il faut définitivement raser.

Commençons par les premières parties. Arrive en premier lieu Rita Ora, chanteuse R’n’B / hip-hop pour le moins survoltée. Blonde tumultueuse débordant d’énergie, elle parcourt la scène en tous sens en s’époumonant sur une instru débordante de réverb et d’effets électriques. On aime ou pas. Personnellement, peu adepte de ce genre musical, j’étais plutôt froid. Sans compter que la chanteuse joue bien trop à mon sens sur le play back. Non pas qu’elle ne chante pas sur scène, mais une seconde voix pré enregistrée l’accompagne tout le long de son show, prenant parfois une telle place qu’on se demande si écouter un CD ne serait pas mieux. Ajoutons à ça une durée bien trop courte: quelques trente minutes et la belle blonde repart en coulisse.
Le tout bordé de drapeaux américain, une musique ultra clichée déjà vue un peu partout à mon sens…serais-je réfractaire à ce genre?

Pour vous faire un idée plus concrète de ce que ça pouvait donner, voici un de ses tube dans la meilleure qualité que j’ai pu trouvé sur YouTube.

Marina And The Diamond est un groupe électro/pop dans un esprit bien plus britannique.La chanteuse débarque sur scène en tenue digne de Cendrillon et se met à lancer une voix puissante et cristalline. Les premières notes, bien plus posées, plus réfléchies, moins explosives mais dotées d’un charme tout particulier, contrastaient énormément avec ce qui avait précédé. On passait d’un monde ensoleillé et brulant d’une musique vive et pleine d’artifices à un souffle glacé et un chant bien plus froid, bien plus personnel, moins exhibitionniste. Un genre que j’apprécie davantage, à titre personnel.

Un petit air de The Do derrière cette voix haut perchée, une pointe de fantaisie absurde dans leur jeu de scène qu’on peine à interpréter: désespérément statique et extrêmement envoutant à la fois, on a les yeux rivés vers la chanteuse en cherchant presque à voir ses cordes vocales vibrer.
Bon, on notera quand même quelques blagues en anglais qui, faute d’interprètes dans le public, sont juste tombées à l’eau. Un ou deux "Amazing!" crié ci ou là par pure moquerie, et le show reprend, et se termine, là aussi, trop tôt pour qu’on apprécie à fond ces artistes qu’on n’attendait pas.

Du coup, je vous invite à y jeter une oreille sur spotify, deezer et grooveshark. Et une petite vidéo YouTube juste ci-dessous!

Bon, mais ce n’est pas vraiment pour ça qu’on est venu, n’est-ce pas? les premières parties ont beau être de surprenantes découvertes, ce n’est que la mise en bouche. Quelques longues dizaines de minutes plus tard (bon, au moins une heure, mais un concert ne commence jamais à l’heure, voyons), Coldplay entre en scène. Ils attendent que le soleil laisse place au crépuscule pour cela, non pas pour que notre impatience grandisse mais pour que le public profite à 200% des incroyables jeux de lumière et autres artifices préparés pour ce concert.

Suivant se style graphique du l’album Mylo Xyloto, les instruments (piano, guitares), écrans, et autres aménagements sur scène, étaient colorés dans des teintes rouges/bleues/violettes, autant de tags totalement incohérents.

Dans l’obscurité ambiante, quatre immenses écrans circulaires se mirent un à un en marche. Parallèlement, une musique que tout le monde a bien vite reconnu s’est élevé. Surprise, ce n’est pas du Coldplay: la BO de Back to the Futur qui sonnait comme une promesse de show dantesque oscillant entre renouveau et vieilleries musicales. Coldplay allait nous ressortir les vieux titres de son répertoire, allait nous éblouir avec les nouveaux, tout donner sur scène. Il est assez dur d’écrire ce que l’on peut ressentir durant un tel instant. Le sentiment d’assister à quelque chose de grandiose, mêlé à une décharge incompréhensible d’adrénaline – et tous ces cris, tous ces gens qui hurlent. Cold-play! Cold-play! Cold-play! Et puis ça y est. Le show est lancé.

BAM – BAM – BAM!

Chris Martin, Guy Berryman, Jon Buckland et Will Champion font leur entré en scène en même temps que les feux d’artifices explosent dans le ciel, et enchainent les dernières notes de Back to the Futur sur un Xylo Myloto qui monte en puissance et envoute le public – ces notes trainantes et aigues qui montent, montent, montent – et puis le chant se mêle à la fête avec Hurts Like Heaven, et ça explose. Dans le public, on chante, on hurle les paroles, on délire, on est en train d’assister à un concert de Coldplay.

Les effets de lumière se joignent immédiatement à la fête. Chaque bracelet -rouge, bleu, jaune, rose, vert- accroché au poignet de chaque personne dans ce stade s’illuminent. Tous agitent le poing en l’air, et à la réflexion, on a sans doute l’air un peu stupide à brandir ces diodes d’un air d’illuminé, comme si on avait le pouvoir au bout du bras.
En tous cas, l’effet est saisissant. La foule se transforme en gigantesque guirlande humaine. ça s’illumine, ça clignote, ça tressaute au rythme des bondissement de la foule et des poings qui se lèvent et retombent.

Dans le ciel, de nouveaux feux d’artifices explosent. ça fait un bruit monstre, et ça rythme parfaitement la musique de Chris Martin. Un à un, les jeux de lumières entrent en scène. Les projetcteurs basiques, les feux d’artifices, les bracelets, et bientôt des lasers de toutes les couleurs qui sont projetés de la scènes vers les gradins, striant l’air de rayons colorés. Si on prend la peine de se retourner, on verra sur un espace dégagé des tribunes des dizaines de points colorés qui dansent."Yes, you, You use your heart as a weapon, And it hurts like heaven", chante Chris en achevant son morceau, et je me dis à ce moment là que ces salauds doivent profiter d’un sublime spectacle de là où ils sont, contemplant chaque lumière représentant chacun d’entre nous, contemplant tout ce monde ici spécialement pour eux. De petits dieux face à une multitude de lucioles en extase.

Vient ensuite un In My Place un peu nostalgique est toujours aussi sublime, puis Major Minus, suivi de Lover in Japan. Six morceaux en comptant Mylo Xyloto (intro) et Back To The Futur, et déjà deux d’albums plus anciens: pas de doutes, Coldplay ne fait pas ici un simple coup de pouce aux ventes de son album (quel intérêt?). Non, c’est un vrai concert auquel on assiste, un concert donné pour les fans, pas pour les acheteurs. Le groupe nous balance un savant mélange de nouveautés et de vieux sons qui sont gravés dans nos mémoires. The Scientist me fait venir des larmes, Yellow m’achève. Violet Hill prend le relais et c’est toute la foule qui se relève de ses cendres pour scander un "Was a long and dark December! From the rooftops I remember… There was snow, White snow."

Le concert s’enchaine dans un mélange vertigineux de musiques terriblement percutantes et de lumières tourbillonnantes, de feux d’artifices, de ballons gigantesques balancés sur le public, de confettis, de hurlements, de poings levés qui scandent le rythme, le claquement de mains. Par moment, les membres du groupe rejoignent une petite scène au beau milieu du public pour des morceaux plus calmes, Chris Martin jour au piano accompagné des autres. C’est juste magnifique.

Le concert se bouclera sur un rappel de quatre titres, Clocks, Fix You, M.M.I.X, et Every Teardrop is a waterfall, qui me restera dans la tête tout le reste de la soirée et le lendemain, percutant le réel pour le remplacer par d’inoubliables souvenirs.

I turn the music up, I got my records on
I shut the world outside until the lights come on
Maybe the streets alight, maybe the trees are gone
I feel my heart start beating to my favourite song

And all the kids they dance, all the kids all night
Until Monday morning feels another life
I turn the music up
I’m on a roll this time
And heaven is in sight!

I turn the music up, I got my records on
From underneath the rubble sing a rebel song
Don’t want to see another generation drop
I’d rather be a comma than a full stop

Maybe I’m in the black, maybe I’m on my knees
Maybe I’m in the gap between the two trapezes
But my heart is beating and my pulses start
Cathedrals in my heart

And we saw oh this light I swear you, emerge blinking into
To tell me it’s alright
As we soar walls, every siren is a symphony
And every tear’s a waterfall
Is a waterfall
Oh
Is a waterfall
Oh oh oh
Is a is a waterfall
Every tear
Is a waterfall
Oh oh oh

So you can hurt, hurt me bad
But still I’ll raise the flag

Every teardrop
Every teardrop
Every teardrop is a waterfall

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